Le Portugal nous a beaucoup apporté, ce, depuis très longtemps. Il y était une époque où j’avais une petite propriété à Canélas - Vila Nova de Gaïa, à côté de Porto, de l’autre côté du fleuve Douro, une petite case en bois au milieu des Eucalyptus. Ce fût une découverte, grâce à des amis portugais travaillant en France. Je n’ai jamais oublié la gentillesse et la spontanéité des portugais. J’ai découvert un pays de travailleurs qui savaient recevoir les étrangers. A l’époque, les français étaient rares, à Canélas, ils n’en avaient jamais vu ! Après la révolution, ce n’était pas la richesse, mais ils savaient faire plaisir avec quelques gouttes de Porto où d’aguardiente. Je me souviens de la première année où je suis allé au Portugal avec mon épouse, juste un an après la révolution des oeillets. Nous étions logés dans une toute petite maison basse, prêté par un ami, Alberto Ribeiro, au milieu d’autres maisons identiques, formant un carré. Au milieu, une cour et un puit profond, les femmes y puisaient l’eau toute la journée. Deux colombiers trônaient au dessus de deux cases. Les pigeons étaient lâchés seulement le soir, au retour de l’homme de la maison. Tout autour, de nombreux colombiers avaient été construits, des centaines de pigeons volaient à la tombée de la nuit. Je les ai tous pratiquement visités, invités par les colombophiles de Canélas. La société colombophile était dans une cour, juste à côté d’où nous habitions. Il fallait monter un escalier tout raide jusqu’au premier étage. Là, une grande salle servait de café. Les colombophiles s’y réunissaient tous les jours à partir de 19 heures. Il était également servi quelques plats chauds, dont j’ai malheureusement oublié le nom. C’était un endroit convivial, amical, les dominos claquaient comme en Guadeloupe sur les tables, ainsi qu’un jeu de carte énormément pratiqué ! La première fois, j’ai été reçu par Alberto Cavadas, le président de l’association, qui est devenu par la suite mon ami. Réunissant les membres du bureau et de l’association, comme si nous étions des gens importants, les bouteilles de Porto ont encombrées le comptoir du bar. Je ne comprenais pas la langue portugaise à cette époque, mon ami de France, Agostinho Cardoso traduisait sans cesse les propos des colombophiles, curieux de notre présence. Cette année là, monsieur Rodriguès, patron du Conjunto Paî é filho ( un ensemble musical, père et fils) m’a emmené à Coimbra, capitale culturelle du Portugal, une magnifique ville. J’ai eu l’immense honneur d’être présenté au professeur Branco de l’université et avec lui, d’avoir la chance de visiter des lieux où les touristes n’ont pas souvent accès, la bibliothèque exceptionnelle, l’amphithéâtre réservé aux colloques et aux examens des candidats. Le professeur Branco, nous a invité avec mon épouse dans un endroit extraordinaire, dans la montagne, une grotte enfumée avec de grosses tables rustiques entourées de pipes ( d’énormes tonneaux de vins blancs et rouges de la région). D’énormes barbe cul à l’intérieur de cette grotte doraient des agneaux entiers, des porcs et des bœufs, que les employés découpaient devant vous pour vous les servir dans une grande assiette. Les pichets de vins frais, s’alignaient sur la table. Cher Portugal, tu me manques parfois, aussi, quand je reviens en Europe, je n’oublie jamais de me rendre chez mes amis lusitanos ! C’est la bas, que j’ai compris que la colombophilie pouvait être autre chose que ce que je connaissais en France. J’ai voulu, en fondant l’Amicale Colombophile de Malendure, retrouver cela, l’amitié, l’entraide, la discipline, la rigueur dans la passion et la gentillesse, la compréhension , le respect de tous. Je crois que tous ensemble ici, avec la présidente Monique TOURRAINE, nous y sommes arrivés ! J’ aurais des lignes et des lignes à écrire sur le Portugal, mais il faut savoir conclure comme ceci. Le retour en France approchait, tous les habitants de la petite cité où nous habitions, nous ont fait la surprise de préparer un repas de fête dans la cour. Nous connaissions leur précarité, pourtant, ils se sont tous cotisés pour que nous puissions festoyer avec eux. Toute la cour était tendue de toiles de toutes les couleurs, des tables de fortune avaient été posées sur le sol bétonné. Le Porto a coulé à flot accompagné de bolinhas de bacalhau (acras de morue) . Les poulets rôtis sont arrivés ensuite avec du riz blanc. Le vinho verde (vin blanc) était en quantité. Pour finir, les femmes avaient confectionnées de grandes galettes. Bien entendu, le café arrosé d’aguardiente velho (alcool de raisin vieux) a terminé de nous mettre de bonne humeur. C’est à ce moment qu’un résidant a sorti sa guitare et nous a chanté de merveilleux fado chants culturels propres au Portugal. Amalia Rodrigues l’a fait connaître au monde entier) ! Mon épouse touchée par cette gentillesse a pleuré à chaudes larmes. Depuis, à chaque fois que je le peux, j’emmène avec moi, des colombophiles guadeloupéens découvrir la colombophilie portugaise et cette merveilleuse région ! J’attends avec impatience que mes amis portugais, fassent le voyage dans l’autre sens et viennent en Guadeloupe, goûter aux joies des tropiques, de la bonne humeur, de la musique populaire antillaise et de la cuisine tropicale?
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