L’omniprésence du pigeon voyageur durant le siège de Paris et les deux guerres mondiales : LA GUERRE DE 1870cycle : Le pigeon voyageur dans l'histoire des arméesSébastien SABATTINI
Vendredi 2 Octobre 2009
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Histoire colombophile : Dans le cycle Le pigeon voyageur dans l'histoire des armées, découvrons L’omniprésence du pigeon voyageur durant le siège de Paris et les deux guerres mondiales et en première partie LA GUERRE DE 1870La guerre de 1870
Ce fut durant le siège de Paris par les Prussiens que la colombophilie moderne, phénomène jusque-là limité à quelques cercles d’amateurs passionnés, bien que nombreux et dynamiques, se fit réellement connaître et appréciée de l’opinion publique.
Certains oiseaux devinrent même des héros populaires : l’un d’eux, capturé par les Prussiens, resta 4 ans chez la mère du prince Frédéric-Guillaume. En mai 1875, il regagna son pigeonnier de la rue de Clichy après une… évasion réussie ! Revenons aux faits : au cours de l’été 1870, l’avancée de l’armée prussienne inquiétait la population de Paris. Des colombophiles belges et du nord de la France, après accord du gouvernement, introduisirent 800 pigeons voyageurs dans la capitale. Les oiseaux furent logés dans les volières du Muséum national d’histoire naturelle. Mais les dirigeants français ne poursuivirent pas dans cette voie. Les pigeons ne furent pas réquisitionnés dans un premier temps. La ville de Paris fut investie par l’armée royale de Prusse le 19 septembre 1870. Le siège allait durer 5 mois. Ce fut Rampont, directeur général des postes de la ville, qui eut l’ingénieuse idée de communiquer durant le siège avec le reste du pays à l’aide de ballons. Une première montgolfière Le Neptune, quitta Paris le 23 septembre. Sans pigeon à son bord. La mission échoua : les Parisiens restèrent sans nouvelles de l’aéronef. Un colombophile belge, Van Roosebeke, résidant à Paris, poussa alors les Français à placer des pigeons dans les nacelles. Un bon nombre des pigeons chargés de colombogrammes par les équipages des ballons depuis leur lieu d’atterrissage revinrent sur Paris. Ces oiseaux ramenaient l’espoir parmi les assiégés, avec des messages tels que : « Les lignes prussiennes s’arrêtent à Clermont, Compiègne et Breteuil dans l’Oise. Pas de Prussien dans la Somme. De toutes parts, on se lève en masse. Le gouvernement de la Défense nationale est partout acclamé ! » Pour diminuer les pertes d’oiseaux et celles des messages mal attachés, des colombophiles se mirent spontanément au service de l’État à Paris. Chaque nacelle qui décollait embarquait à son bord un de ces experts. Ceux-ci se mettaient ensuite à disposition du gouvernement de la Défense nationale, délocalisé à Tours. Les pigeons de retour à Paris dans leur colombier étaient ensuite amenés par leur propriétaire, sous escorte, au directeur des postes de la Seine. Le système était si bien rôdé que personne ne se laissa duper par les faux messages attachés selon des méthodes différentes des Français que les Prussiens plaçaient sur des oiseaux capturés : « Orléans repris par ces diables ! Partout population les acclame ! » En province, afin d’assurer le retour aux assiégés des pigeons, les colombophiles, au moyen d’une locomotive, lancée à 70 km/h, avec un seul wagon blindé, s’aventuraient à proximité des lignes ennemies pour y lâcher leurs pigeons de course. La locomotive rebroussait ensuite chemin le plus vite possible. Grâce à un système de numérotation porté par chaque pigeon, le gouvernement était renseigné sur les oiseaux perdus et les dépêches non parvenues. Dès le deuxième lâcher officiel, le système des messages s’améliora encore : du simple papier pelure, on passa à la microphotographie. Pour protéger le message contre la pluie ou contre le bec de l’oiseau qui cherchait parfois à s’en débarrasser, il était roulé fortement et introduit dans un petit tube formé par l’extrémité d’une plume d’oie ou de corbeau ; une fois la dépêche dans le tube, celui-ci était percé aux extrémités avec un petit fer rougi au feu pour ne pas le faire éclater. Dans les trous étaient passés les fils de soie permettant de fixer le tube à une rectrice du messager. Avec ces perfectionnements, il fut rapidement possible d’étendre le service à la correspondance privée, ce qui fut réalisé par un décret de novembre 1870 ; une taxe de 0,50 franc par mot était perçue au départ du ballon. On adjoignait même des dépêches mandats dans les tubes : les denrées alimentaires étant hors de prix dans la ville assiégée, ces mandats, d’une valeur maximum de 300 francs, permettaient aux plus nécessiteux de continuer à pouvoir se nourrir. Et durant tout ce temps, les pigeons volaient, volaient, pour revenir dans leur pigeonnier : ils parcouraient des distances comme Poitiers-Paris en 12 heures de temps. L’importance de ces messagers était très bien comprise par la population assiégée : rarement au cours des 5 mois, un de ces oiseaux n’a été capturé pour être mangé. Un décret l’interdisait, certes, mais c’était le rôle même du pigeon qui était respecté par les Parisiens À l’arrivée des oiseaux, les dépêches étaient plongées dans de l’eau ammoniacale pour les dérouler, puis lues au microscope. Un tube garni pouvait contenir environ 30 000 messages. Le maximum atteint fut de 40 000. Ce record ne put, techniquement, être dépassé. Pour augmenter leurs chances d’arrivée, les dépêches photomicroscopiques étaient généralement tirées à 30 ou 40 exemplaires et envoyées par autant de pigeons. Au final, 64 ballons quittèrent Paris entre octobre 1870 et janvier 1871. Cinq furent faits prisonniers, deux se perdirent en mer. Ils transportèrent, entre autres : 155 personnes, 363 pigeons voyageurs, 9 000 kg de dépêches, représentant 3 millions de lettres. Au début, les ascensions se firent de jour. Mais les sentinelles prussiennes étudiant la route que suivaient les aéronefs, usaient du télégraphe et alertaient les postes prussiens. Les uhlans, prévenus à temps, couraient en scrutant le ciel, et s’efforçaient d’arriver au moment de leur chute. Aussi fut-il décidé à Paris que les ascensions se feraient de nuit. Ces vols ne se déroulèrent pas sans problèmes, la visibilité étant nulle. C’est ainsi que deux des ballons se perdirent en mer et qu’un autre atterrit en Norvège. Deux cents pigeons sur le nombre transporté furent réellement mis au service du gouvernement de la Défense nationale. Soixante-treize retournèrent effectivement sur Paris avec des dépêches, vingt-cinq rentrèrent sans, le reste se perdit définitivement. Les causes de ces échecs étaient multiples. Il y avait bien sûr le manque de connaissance colombophile de nombreux aéronautes qui n’avaient pas l’habitude de soigner et manier des pigeons, les lâchant parfois en fin d’après-midi, par temps de brouillard ou de pluie. Une autre cause d’échec était la suivante : dans la masse des pigeons voyageurs, le nombre de bons messagers était limité. La rigueur du climat et les difficultés atmosphériques opéraient une sélection impitoyable. De plus, les uhlans chassaient les pigeons sans merci ; ils dressaient des faucons dans ce seul but. Un certain nombre de pigeons tombèrent aussi sous les coups des paysans. Leur action avait pris une telle ampleur que Gambetta décréta la peine de mort contre quiconque serait attrapé tirant sur l’un d’eux. Les 73 pigeons qui rentrèrent à Paris n’équivalaient pas à 73 individus différents. Une femelle, née en avril 1870, rentra six fois ; les pigeons des colombophiles Cassiers et Van Roosebeke : deux, trois, voire quatre fois. C’est donc un petit nombre de messagers ailés qui, par des voyages répétés, introduisirent toutes les dépêches dans Paris ; car aussitôt un pigeon de retour dans la ville assiégée, il était réexpédié par ballon à Tours puis à Bordeaux. Plus la fin du siège approchait, moins de pigeons rentraient. En effet, le gouvernement n’ayant à sa disposition qu’une vingtaine de très bons éléments, chaque jour qui passait voyait le nombre des survivants décroître. Le moral de la population parisienne n’aurait pu être maintenu sans le soulagement qu’apportaient les ballons aux assiégés, en leur permettant de rassurer les leurs et de se sentir réconfortés par les nouvelles reçues. La gratitude des Parisiens s’exprimait à cette époque à chaque page des journaux ainsi que par les chansons et les créations artistiques populaires. Puis vinrent la capitulation et la paix ; les mois passèrent et les pigeons du siège de Paris ne figuraient ni à l’Hôtel de Ville, ni au Muséum. Les oiseaux compris dans la liquidation d’un matériel militaire devenu sans objet furent dispersés aux enchères publiques pour la somme de 1,50 franc par volatile. Deux messagers qui avaient fait trois fois le voyage furent rachetés au prix de 26 francs « pièce » par leur ancien propriétaire. revenez lire demainpigeongramme
pigeongramme, petite photographie microfilmée destinée à être transportée par pigeon voyageur
lettre de requisition de pigeoncarte de lacher de pigeons de l'époquemedailles commemoratives de l'arrivée des pigeons à Pariscommande de 1870 de pellicules microfilmée pour pigeonsmessage paru grace à un pigeon datant du 2 decembre 1870message de pontarlien delivré part telegramme et pigeon dans Paris le 5 fevrier 1871depeche officielle de pigeon voyageurdepeche 1 octobre 1870 délivré par pigeondepêche officielle sur papier photographique delivré par pigeonpremier microfilm pour pigeon sur papier photographiquedepeche reponse manuscrite transmise par pigeondepeche anglaise fournie par pigeon voyageurtimbre commemorant action pigeon pendant guerre 1870
timbre commemorant action pigeon pendant guerre 1870
Ballons transportant les pigeons sorties pendant le siège de Parisscene du siege de paris, montgolfièresNouveau commentaire :
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