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12 Janvier 2012 - écrit par Jean Jacques Coudière - Lu 639 fois

En 1784, l' histoire de la colombophilie liégeoise au temps jadis.

Egnimes d'une colombophilie débutante

L'épopée du pigeon voyageur au pays liégeois


Pièces à convictions

En 1784, l' histoire de la colombophilie liégeoise au temps jadis.
Peu après la disparition de monsieur Pierre GRANDRY, René BAWIN m'amena à la société de JUPILLE. Là je rencontrais le Président de l'époque, monsieur TASQUINET si mes souvenirs sont bons . Ce monsieur m'avait très agréablement reçu. Avant de nous séparer, il me donna de vieilles archives sur le passé de la colombophilie liégeoise et de vieux constateurs qui m'ont comblés.
Cette histoire colombophile me paraît digne d'être lue par un grand nombre de colombophiles.

Aux origines de la colombophilie liégeoise, 1784 - 1818,

En 1784, l' histoire de la colombophilie liégeoise au temps jadis.
Les quelques érudits qui se sont intéressés à l'histoire du sport colombophile liègeois, la font commencer vers 1820. (par colombophilie liégeoise, nous entendons sport colombophile et non la science de l'élevage). Pour la période antérieure, sorte de préhistoire, ils ont se contenter de la tradition avec son flou et ses lacunes.....quand ils n'en étaient pas réduits à de simples suppositions. Les textes manquent ou plutôt manquaient. Nous avons pu en découvrir une douzaine inégalement répartis dans le temps. Le plus ancien est  de 1784, et sur un vide de quelques 30 années, nous avons essayé de jetter une mince passerelle, est - ce suffisant? Cette préhistoire est - elle devenue protohistoire, voire pour sa dernière décennie, l'histoire tout court ? Nous jugerons.


Photo le musée de la Wallonie

L'ancien régime avant 1784

En 1784, l' histoire de la colombophilie liégeoise au temps jadis.
Le pigeon porteur de messags était déjà connu au temps de Salomon. Postier pacifique ou auxilliaire des armées nous le trouvons dans tous les grands pays méditerranéens de l'antiquité, Rome, Grèce, Egypte, le Proche Orient. Cette poste aérienne, les croisades la révélèrent à l' Europe occidentalre, mais seuls les chateaux, les fermes segneuriales et les abbayes eurent droit de posséder un colombier, privilège féodal disparu à la révolution.
Ce privilège ne fut toujours strictement respecté, tous les manants n'atendirent pas 1789 pour avoir eux aussi pigeons et colombiers.
Ainsi, la Principauté de LIEGE, l'on voit dès 1651 l'autorité épiscopale réagir contre ces abus mais en même temps admettre certaines dérogations à condition de posséder au moins **15 bonniers**, (à peu près 13 hectares) de terres labourables, Il fut permis de tenir des pigeons. Si les petits cultivateurs étaient défavorisés c'était quand même plus d'un siècle avant la fin de l'ancien régime, un premierspas vers la démocratisation des colombiers.

Photo du colombier de BODINIO 17éme siècle

Les deux précurseurs de 1784

En 1784, l' histoire de la colombophilie liégeoise au temps jadis.
Colopbophile peut être, convoyeur certainement, tel nous apparait ce jeune Henri Joseph LE DOYEN de XHENDELESSE. Le 10 novembre1784, il notait dans son carnet:<<en retournant, j'avois jetté 4 pigeons du Père Croisier, il n'en revint qu'un, peut être à cause du vent qui étoit effroyable.>>
Convoyeur donc et bénévole par dessus le marché mais pas propriétaire. Lepropriétaire de ces pigeons était un certain CROISIER de VERVIERS, chez qui LE DOYEN avait soupé 3 jours auparavant et qui lui avait confié ses ** colons** avec mission de les lâcher en cours de route pour un vol d'entraînement.
En 7184, LE DOYEN 21ans qui venait de soutenir ses thèses philosophiques qui allait recevoir la tonsure l'année suivante, continuait à fréquenter le collège de SAINT BONAVENTURE. Il retournait souvent dans son village de XHENDELESSE au confins du pays liègeois et limbourgeois. son ami CROISIER, c'était tout naturel profita de l'un de ses voyages pour fiare ** jetter** ses pigeons.
C'est ainsi nous semble t - il que l'on peut reconstituer le scénario de ce minime épisode
. Avons nous fait de la petite histoire romancée ? Nous ne le pensons pas. Il suffit de se rapprocher les bribes de renseignements fournis ça et là par le manuscrit.
LE DOYEN ne parle pas de vol d'entraînement, mais de quel autre pourrait il s'agir? Un message à CROISIER qu'il venait de quitter ? Invraissemblable, d'ailleurs en ce cas pas besoin de 4 pigeons, un concours? Même si les concours avaient existé en 1784, (ils n'apparaîtrons que 20 ans plus tard), on n'en aurait pas organisé, on n'en organise du reste jamais en novembre pour une étape aussi courte.
Pourquoi s'tonnera - t - on, faire un sort à ce mini épisode de la mini précolombophilie? Tout simplement parce que ce CROISIER l'amateur dont l'on ne sait que le nom  et ce LE DOYEN le convoyeur obligeant sont bel et bien en pays liégeois les premiers représentants connus d'une colombophilie avant la lettre, les prototypes d'une espèce qui maintenant est légion. Pour eux, la différence essentielle, le pigeon n'est ni un hochet seigneurial, ni un postier, ni un volatile voué à la casserole, non, c'est un amusement, un jeu, c'est déjà un enbryon de sport. Quand au texte, peut être qu'un jour découvrira - t  - onun plus ancien et plus précis. Mais ces quelques lignes griffonées il y a près xe deux siècles par un paysan de la campagne hervienne, ne sont elles pas du moins jusqu'à nouvel ordre l'humble acte de naissance de la colombophilie liégeoise?

Photo tombe de LE DOYEN




De la révolution au début de l'empire

En 1784, l' histoire de la colombophilie liégeoise au temps jadis.
En FRANCE, dans la fameuse nuit du 4 aout 1789, les droits ségneuriaux sont abolis. Avec l'arrivée des armées républicaines,ils disparaissent également du pays de LIEGE, qui en 1795 devient département de l'OURTHE. Désormais n'importe qui sans restrictions peut détenir des pigeons et les laisser voler librement. Mais la liberté ne sufisait pas, divertissement paisible, la colombophilie pour se développer et organiser des vols au long cours demandait un minimum de paix. A l'automne 1794, le volcan révolutionnaire ne grondait plus que par intermittence, la guerre s'était pour 20 ans éloignée de nos régions. Par contre le sentiment général d'insécurité qui caractérise le directoire ne pouvait créer un climat permettant à une colombophilie encore balbutiante de grandir, de se hisser au stade des annonces dans les journeaux. les routes notamment n'étyaient pas sûres ce qui ne devait guère inciter les amateurs à envoyer pigeons et convoyeurs dans les localités lointaines.
vint le Consulat, (Novembre 1799) et avec lui le retour à l'ordre. c'est àlors semnle - t - il faute d'archives, l'on est réduit à des suppositions, qu'à LIEGE à VERVIERS à HERVE se sont formés sinon des sociétés du moins des groupes plus ou moins importants d'amateurs.
Il n'y a pas que les archives, les journaux eux aussi sont muets. si pour la période de 1789 - 1799 et pour les raisons que nous venons d'expliquer, nous n'aviobns guère d'illusions, nous espérions des années qui ont suivi une récolte au moins honorable. Ors nos recherches pourtant systématiques dans la gazette de LIEGE de 1800 à 1805 sont restées infructueuses. S'il y a eu des concours, ils n'ont pas trouvé d'échos dans les journaux du temps!


Cette pénurie de documents était déjà il y a plus d'un siècle déploré par un grand colombophile verviétois le docteur Félicien CHAPUIS, (1824 - 1879), le premier qui se soit intéressé aux origines de la colombophilie dans nos régions. Son enquête semblait facile, de nombreux **colèbeus** des temps héroïques étaient toujours là. Hé bien, au delà d'une certaine date, notre spécialiste a dû rendre les armes:<<il n'existe pas d'archives, il faut s'en rapporter à la tradition>> qui est une source trompeuse, car on oublie ou l'on déforme. Il reconnait pourtant qu'il a pu recueillir quelques renseignements positifs sur les premiers concours de pigeons. Témoignages palpables des faits révèlés par la tradition en précisant plus loin que ces renseignements s'arrêtent à 1818.
C'est en 1818 qu'eu lieu le premier essai un peu important. ( il semblerait pourtant que ceci est inexact). Des amateurs de HERVE se réunirent et expédièrent des pigeons à FRANCFORT. Je tiens le fait de la personne même qui fut chargée d'accompagner les voyageurs ailés.
A peu près à la même époque, il devait se trouver dans la ville de LIEGE une société établie au faubourg d'AMERCUEUR où les amateurs se réunissaient dans le but d'expédier leurs pigeons au loin et d'accorder des primes aux premiers arrivés.
Pour CHAPUIS, l'absence de documentations peut s'expliquer en une ligne, **c'était une colombophilie à la bonne franquette qui se passait largement d'archives, réunions et causettes amicales le soir entre amateurs et transports occasionnels de pigeons à la faveur de l'expédition de marchandises vers les villes lointaines**.



Sous l'empire et au début du régime hollandais, (1806 -1817)

En 1784, l' histoire de la colombophilie liégeoise au temps jadis.
Avec l'année 1806 nous sortons de la zone brumeuse et les balises commencent à se profiler sur notre route. La toute première est due à un colombophile contemporain, C. G. VANDERLINDEN. S'alignant sur CHAPUIS qu'il utilise et dont il reproduit certains passages, il déclare lui aussi dans l'introduction historique de son travail qu'avant 1818, c'est le brouillard, c'est la terra incognita. Mais sur cette terre inconnue, il parvient quand même à planter un jalon, un seul, il nous apprend hélas sans donner de source, que dans le département de l'OURTHE, les premiers lâchers effectués par les amateurs eurent lieu officiellement en 1806, à la portée de PARIS et de LYON. Il ajoute:>. 30 juillet 1812, un paysan du canton de HOLLOGNE aux Pierres, amateur de pigeons passant dernièrement à COLOGNE a entendu dire que des amateurs liégeois alloient ou faisoient jeter leurs pigeons à HANSBOURG, (sic) et désirant y joindre 2 douzaines des siens. Il les prie de lui faire connaître par voie des annonces de cette feuille la veille de leur départ, salut les confrères. 2 - 3 aout 1812, des liégeois amateurs de pigeons préviennent le paysan du canton de HOLLOGNE aux Pierres qu'on va partir incessamment pour COLOGNE, ils le prie de vouloir bien'y joindre les 2 douzaines de pigeons avant de vouloir les envoyer à HAMBOURG, salut à notre confrère le paysan. Rat des villes, rats des champs, mais les avis n'avaient pas toujours cette bonhomie. 4 aout 1812, François Joseph BOVY, amateur de pigeons invite les propriétaires de pigeons revenus à LIEGE depuis la dernière jetée à COLOGNE à venir les déposer de nouveau chez LAMBERT MOHIN, pour être soumis à une nouvelle épreuve qui aura lieu jeudi prochain le 6 courant. Ceux qui se refuseront à cette invitation ne seront point reconnus pour de vrais amateurs de pigeons. salut à tous les confrères et amis. L'on voit, ce BOVY n'hésitait pas à ponctuer son invitation d'une menace de sanction, ne fut elle que morale. En 1813, une seule annonce du même BOVY dans le même style et dans la même feuille: 3 aout 1813, François Joseph BOVY invite les amateurs qui ont des pigeons revenus de COLOGNE à LIEGE de se rendre sur la BATTE le 8 courant chez monsieur SEREXHE à effet de convenir du départ pour FRANCFORT. Celui qui ne rendra pas à cette invitation ne sera plus reconnu pour premier amateur de pigeons. Ce devait être à LIEGE la dernière annonce colombophile sous le régime français. Le 22 janvier 1814, les cosaques de CZERNICHEFF, (ours échappés de la forêt du nord), se présentaient à la porte d'AMERCOEUR, suivis le lendemain des hussards noirs prussiens, c'était l'invasion. Flux et reflux des armées, réquisitions de voitures, routes encombrées, 2 années s'écoulèrent peu propice à la colombophilie, après avoir en 1814 devenir prussiens, nos pigeons liégeois en 1815 se retrouvèrent hollandais, puis la vie normale repris son cours et les **colébéus** leurs concours. 25 juillet 1816, un pigeon blanc marqué d'une tâche jaune jusqu'à l'aile gauche ayant porté à METYZ en LORRAINE pour y être lâché le 23 du courant après midi, il est entré dans le pigeonnier du sieur BOULANGER, rue Sainte Véronique avec l'un des siens comme compagnon de voyage......en conséquence l'on invite la personne à qui il appartient à venir le chercher. Avec 1818, année à partir de laquelle selon CHAPUIS, l'on bénéficie de renseignements pistifs, notre petite enquête arrive à son terme. nous aurions voulu finir en beauté et dénicher dans les gazettes quelques avis sensationnels, hélas, cette année làqu'on nous annonçait faste, les pigeons n'ont guère fréquenté la feuille de monsieur DESOER, nous sommes restés sur notre faim, un seul avis. 20 aout 1818, l'on prévient les amateurs de pigeons que le sieur NIZET partira pour PARIS mardi au soir 25 courant de chez PIRNAY, faubourg d'Amarcoeur. Ajoutons que la m^me année les amateurs de HERVE expédièrent des pigeons à FRANCFORT sur le Mein. La rareté des annonces, jointe au silence des archives, ne doit pas nous induire en erreur. en réalité, les pigeons étaient très nombreux dans le département de l' OURTHE . On en compte environ 23.000 couples écrit le consciencieux THOMASSIN, couples qui a l'exception de la race des bisets servent à l'amusement des habitants des villes. c'était donc indiscutablement un divertissement populaire avec lâchers à courtes distances pour les petites bourses, concours lointains pour les amateurs plus fortunés. Précieuses à certains points de vue, les annonces ne doivent pas être considérées comme le miroir fidèle du sport colombophile. Elles n'en donne t qu'un reflet partiel et intermittent!

Comment peut - on représenter la colombophilie à cette époque héroïque?

En 1784, l' histoire de la colombophilie liégeoise au temps jadis.
Passons de nouveau la plume à THOMASSIN:<<il est peu d'artisans exerçant une profession à domicile qui n'aient un colombier ou plutôt une volière dans leur grenier. Ils donnent la préférence au pigeon **barbet** ou pigeon ** cravate** de BUFFON. La plupart nourrissent depuis 2, 4, 6, 8, 10 couples avec lesquels ils perdent une partie de leur temps en cherchant à attirer des pigeons étrangers qu'ensuite ils exposent en vente le dimanche sur le marché aux oiseaux. les anciens propriétaires des pigeons déserteurs les rachètent souvent et les livrent à la cuisine lorsque pour la seconde fois ils ont abandonné le colombier. Ces pigeons domestiques lorsqu'ils ont des petits ont le grand attachement pour leur domicile commun. Les propriétaires les transportent dans des cages à 5 ou 10 kilomètres de distance. Là, étant rendu à la liberté ils s'élèvent aussit^ot à une grande hauteur, tracent d'abord une ligne circulaire comme pour chercher la direction qui doit les conduire à leur colombier où ils arrivent en très peu de temps. Chaue jour l'on augmente la distance et l'on termine leur éducation en les faisant transporter soit jusqu'à PARIS soit jusqu'à LYON ou avant de les abandonner l'on dresse un procès verbal du nombre, de l'espèce, du plumage et de l'heure à laquelle ils ont pris leur vol, l'on appose même un cachet de la ville sur les ailes.
Il en est arrivé à LIEGE de PARIS en 18 heures et de LYON en 32 heures. Les frais que l'on fait en envoyanr un homme connu et sûr pour porter et soigner les pigeons jusqu'à LYON donnent la mesure du peix que l'on attache à ces oiseaux dans le département de l'OURTHE.

Photo faubourgd' Amercoeur en 1794

Où se réunissaient les amateurs

En 1784, l' histoire de la colombophilie liégeoise au temps jadis.
A LIEGE la plupart des **colébeus** se rencontraient dans la quartier populaire par excellence, Outre - Meuse et pls spécialement certains indices nous inclinent à le croire, au faubourg d' Amercoeur encore à moitié campagnard. Leur local quand ils ne se retrouvaient pas simplement chez l'un d'entrte eux, c'était un cabaret souvent l'une de ces maisons de plaisances si nombreuses alors dans les faubourgs où au milieu d'un décor champêtre on allait les beaux dimanches danser, déguster vins de Bourgogne, de Bar ou de coteaux liégeois et surtout jeter une riue d'oie ou de **dindons**. Les colombophiles passaient ensemble leurs soirées et causaient pigeons et voyages.

Photo fille de joie Liège 19éme siècle

Comment s'effectuait le transport de pigeons?

En 1784, l' histoire de la colombophilie liégeoise au temps jadis.
Son modele plus économique, des amateurs vervierois l'avaient trouvé. Ecoutons CHAPUIS:<<morsque l'un ou l'autre avait l'occasion d'expédier des pigeons dans une ville étrangère, il en faisait part à ses amis qui le plus souvent joignaient quelques uns de leurs voyageurs à cette expédition>>.
Le commerce de drap se faisait à cette époque autrement qu'aujourd'hui, beaucoup de fabricants envoyaient leurs produits dans les villes des pays, aux foires d'Allemagne et principalement FRANCFORT. souvent ols les conduisaient eux mêmes à diverses reprises, ces occasions ont été mises à profit pour faire transporter des pigeons au loin. Il y avait évidemment des transports moins occasionnels mais plus onéreux. Un concours était il décidé, on invitait les amateurs à déposer leurs paniers dans un local désigné à cet effet. Les annonces nous ont appris le nom de ces dépositaires, LAMBERT MOHIN et SEREXHE, aubergiste sur la Batte ? Ne serait - ce pas parce que non loin de là, en Souverain Pont, des voitures chaque jour partaient pour COLOGNE?
En VINAVE d'ISLE à l'hôtel des postes, départ quotidien également en direction de PARIS par HUY, NAMUR, MEZIERES, REIMS. Voulait  - on gagner la LORRAINE on s'embarquait rue Saint Gangulphe à l'hôtel de HOLLADE dans la dilligence de LAMBERT PASQUET qui filait vers NAMUR où elle donnait la correspondance pour le LUXEMBOURG, METZ et NANCY. Pouvait - on caser  les paniers parmi les bagages? Une voiture spéciale n'était elle pas affectée aux pigeons? Nous l'ignorons.
Souvent les amateurs se cotisaient ^pour louer une charrette, cheval et conducteur. Sur la charrette on disposait des cerceaux formant voûte et le tout était recouvert d'une toile hermetiquement fermée. Pour la commodité des voyageurs ailés, des perchoirs étaient fixés intérieurement, un abreuvoir, des graines de choix se trouvaient à leur portée pour dissiper les ennuis du trajet. arrivé à destination, le conducteur enlevait la toile et les pigeons prenaient leurs vols.
A la charrette, mode de transport probablement trop coûteux, succéda la hotte portée par des **botis**. cette hotte d'assez grande dimension étai divisée sur la hauteur en quatre ou 5 compartiments pouvant contenir chacun de 6 à 10 pigeons. Dans les premiers voyages d'entraînements qui ont lieu à faibles distances les pigeons étaient quelques fois au nombre de 200, ce qui nécessitait l'emploi de 4 hottes et d'autant de porteurs, car la charge d'un homme est plus que suffisante avec 50 pigeons, elle serait trop forte s'il devait employer plusieurs jours pour arriver à son but. Lorsque les voyages devenaient plus longs, le nombre de pigeons se réduisait rapidement, un seul porteur suffisait lorsqu'il s'agissait du voyage de concours. Le plus souvent, il partait avec 30 ou 35 concurrents, ses étapes étaient en moyenne de 8 à 10 mieues par jour lorsque l'état des routes le permettait, de sorte que  pour des voyages relativement peu lointains, les pauvres oiseaux étaient cahotés pendant 15 jours.
Ce n'est qu'après 1840 avec l'apparition des transports par chemin de fer qu'on enregistra, outre une organisation plus poussée, un changement marqué dans la colombophilie de pays!

Quels prix enfin récompensaient le pigeon vainqueur

En 1784, l' histoire de la colombophilie liégeoise au temps jadis.
A VERVIERS aux premiers temps de la colombophilie, les amateurs luttaient uniquement pour l'honneur. Pas de primes aux gagnants mais il était d'usage que le propriétaire du pigeon qui rentrait le premier au colombier était considéré comme le président des réunions pendant toute l'année.
A LIEGE par contre à la même épopque, une société établie au faubourg d'Amercoeur décernait les primes. Les Verviertois finirent par imiter leurs confrères mosans, mais chez eux, les prix n'apparaitront qu'en 1823, concours de LONDRES bientôt suivi de c elui de LYON, puis 3 ans après de celui d' ANGER à l'issue duquel fut attribuée une coupe à sculptures dorées, la première connue. On fit de même avbec le portrait des pigeons victorieux. CHAPUIS a pu voir certaines de ces peintures.
La plus belle récompense pour les colombophiles, c'était sans conteste l'accueil triomphal qui ça et là était réservé aux champions, en c ortège, musique en tête, on les promenait au milieu de l'enthousiasme populaire. Nouus avons vu, évoqué par THOMASSIN l'un de ces retours, en 1811 à LIEGE. A VERVIERS, 9 ans après ce sera encore mieux encore et surtout plus bruyant. A la musique se joindront 2 petits canons dont les décharges à l'entrée de chaque rue annonçait le passage du vainqueur.

Résumé et conclusions

Le berceau de la colombophilie liégeoise c'est avant tout LIEGE, VERVIERS et subsidiairement HERVE.
Après les précurseurs de 1784, l'on peut supposer, l'on pressent une activité colombophile locale, sporadique mais le temps des sociétés et des concours n'est pas encore venu.
De 1806 à 1818, les annonces des journaux révèlent, mais très partiellement et par intermittence, une activité beaucoup moins embryonnaire au caractère sportif déjà accentué, doté d'une certaine organisation et favorisée par un indiscutable engouement populaire.
Détail assez surprenant pour les colombophiles modernes, les lâchers en ce temps là se faisaient un peu partout de HAMBOURG, COLOGNE, FRANCFORT, PARIS, LYON, METZ,. le fameux axe Nord - Sud - Ouest n'était pas en règle.
Tels sont semble - t - il les traits les plus marquants d'une colombophilie liégeoise à peine adolescente. si au cours de cette petite enquête nous avons pu découvrir certains et en préciser d'autres, peut être nos modestes et ingrates recherches n'auront elles pas été tout à fait inutiles.

Il semblerait que cet opuscule ait été rédigé par Georges JARDINET ?




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