Consanguinité en colombophilieEntre mythe et réalité scientifiqueSEBASTIEN SABATTINI
Lundi 28 Novembre 2011
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5 – Histoire de la consanguinité
pigeons consanguins
Jusqu'à la révolution dans l'élevage d'après-guerre, on a vécu dans les limites de la "morale humaine".
Accoupler des parents proches ne se fait pas ! II n'y avait qu'une exception anglaise pour la formation de la race bovine Hereford, où le taureau "tête de souche" avait été accouplé successivement avec ses filles, petites filles, arrières petites filles, etc... avec sélection sévère (sans laquelle rien n'est valable) à chaque génération et cela pendant 8 générations. L' après-guerre a vu, aux Etats-Unis, des études de consanguinité très rapprochés (frère et soeur) chez les poules pondeuses. Enorme pari puisqu'il consistait à cultiver en parallèle plusieurs familles (de même race, ou de races différentes : Leghorn, Rhode Island, etc ...) selon la technique suivante : Génération I : un coq (fils de grande pondeuse dûment contrôlée) est accouplé avec un parquet de 10 de ses propres soeurs. Leurs oeufs sont mis à couver et on teste la ponte de leurs filles. Étant donné la ponte abondante des poules, on fait cela avec plusieurs coqs (qui sont donc frères) et leurs soeurs. On ne garde que les poulettes les meilleures pondeuses venant du même coq. Toutes les autres familles (coqs, poules) sont écartées de la culture. Génération II : Même technique. Chaque coq valable physiquement de la génération I est accouplé avec 10 de ses soeurs. On teste la ponte de leurs filles et les meilleures poulettes de la meilleure famille (même père) sont seules retenues. Toutes les autres familles (coqs et poules quelles que soient les performances individuelles de certaines poulettes de ces familles) sont écartées de la culture. Génération III : Les coqs et les poulettes de la génération II sont soumises aux mêmes techniques. Cependant, à ce stade, on assiste à une chute verticale des rendements de ponte et à une diminution du gabarit. C'est là qu'il faut tirer son chapeau à ces techniciens: continuer dans cette voie après avoir constaté cette déchéance progressive dénote une confiance extraordinaire dans le raisonnement scientifique théorique. Génération IV: Le même scénario continue. Abaissement encore du gabarit physique et de la ponte. Génération V : Tout change. On accouple un coq de la génération IV d'une famille avec des poulettes de génération IV également mais d'une autre famille (soit de la même race, soit d'une race différente). b[Et là, miracle, vitalité extraordinaire, gabarit magnifique, rendement en oeufs formidable (les "plus de 300 oeufs" par an sont courants). Et les descendants de la génération suivante sont encore très supérieurs à leurs ancêtres de la génération I Maintenant cette technique (dont le grand maître fut M. Humphrey qui fut aussi Vice Président des Etats Unis) a gagné le monde entier et on lui doit cette révolution dans l'élevage avicole, avec toutes ses conséquences financières. Il était évidemment bien tentant d'essayer une technique comparable chez les pigeons voyageurs. Cela fut fait aux Etats Unis par Mr Whitney avec des Huyskens VanRieI ; en Allemagne aussi. En génération IV, on obtient des pigeons de format très petit. On y trouve aussi une proportion anormale de stériles, mâle ou femelle (environ 1 sur 5). C'est le revers de la médaille. Une autre personne a poussé l'expérience frère et soeur à la génération V. C'est la limite: mortalités brutales en particulier. Dès maintenant donc, on peut dire:
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