Consanguinité en colombophilieEntre mythe et réalité scientifiqueSEBASTIEN SABATTINI
Lundi 28 Novembre 2011
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4 – Les idées reçues à propos de la consanguinité
Au XIXe siècle des écrivains expliquent la tare héréditaire ou congénitale par l'influence néfaste d'une consanguinité importante (considérée comme un facteur explicatif de décadence par exemple dans des familles royales est peut-être justificatif de la nécessité de leur disparition et par là des révolutions).
La consanguinité était également la règle des sociétés rurales, voire de toutes les sociétés humaines, par la difficulté matérielle qu'il y avait à chercher femme ailleurs. La terre n'aurait pu par ailleurs porter le nombre d'ancêtres théoriques qu'a chaque individu soit plus d'un milliard d'ancêtres théoriques à la trentième génération aux alentour de l'an mille Certes, il est incontestable que la procréation consanguine concentre certaines caractéristiques génétiques, y compris certaines considérées comme défavorables. Il n'est pas moins vrai que les petites populations évoluent plus vite et plus brutalement que les nombreuses, une mutation s'y propageant mieux en raison d'un stock de gènes initialement plus faible. Cela se manifestera, par exemple, par une grande variation de taille, vers des formes géantes ou naines. Mais le nanisme ainsi observé ne doit pas être considéré en soi comme une dégénérescence : bien souvent, il s'agit au contraire d'une adaptation, à un milieu plus petit, fournissant donc des ressources plus limitées En France, il est interdit d'épouser un ascendant en ligne directe, un descendant ou son conjoint, un frère ou une sœur, un oncle ou une nièce, une tante ou un neveu. Mais le mariage civil entre cousins germains est autorisé. Malgré ça, il existe un mythe, popularisé tout le long du XIXe siècle, de la tare héréditaire ou congénitale, et de l'influence néfaste d'une consanguinité importante. Pourtant, bien avant cela, la consanguinité était largement pratiquée. Jusqu'au XIIe siècle, le mariage avait pour but de conserver le patrimoine au sein de la famille et d'empêcher les étrangers d'entrer dans le clan. Les unions consanguines étaient donc monnaie courante, jusqu'à ce que l'Eglise romaine impose un modèle de mariages et interdise ceux qui étaient consanguins jusqu'au septième degré. Au siècle suivant, l'interdiction s'assouplit et cautionne les mariages jusqu'au quatrième degré. Petite anecdote : la proclamation des bans est instaurée à la même période par l'Eglise catholique pour empêcher les mariages clandestins entre personnes de la même famille ! Aujourd'hui, en France, les unions entre cousins souffrent toujours d'une mauvaise image. Poursuivez votre visite colombophile
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