Depuis de très nombreuses années, les chercheurs ont essayé de percer le secret de l'orientation du pigeon voyageur. Des résultats incontestables ont été acquis comme l'utilisation du soleil associée à une horloge interne. D'autres résultats sont plus controversés comme l'utilisation du champ magnétique ou des odeurs. L'immense majorité de ces résultats ont été obtenus en quantifiant la rentrée au pigeonnier de pigeons soumis à différents protocoles expérimentaux. Ce qui se passe entre les lieux de lâcher et le colombier, nul ne le sait.
De nombreuses tentatives ont été tentées pour connaître le parcours des pigeons pendant leur retour.
Certains auteurs ont essayé de suivre les pigeons à l'aide d'un engin volant, mais avec peu de succès car les vol de pigeons se fractionnent assez rapidement et il très difficile de repérer de petits groupes de pigeons perdus dans le ciel.
Très dernièrement certains auteurs ont fixé avec succès un récepteur type balise Argos sur le dos du pigeon. Malheureusement les données obtenues ne sont que fragmentaires et entre deux points mesurés par le satellite, le trajet du pigeon est inconnu.
L'utilisation du système GPS (Global Positioning System) mis au point par les militaires américains, semble prometteuse. Ce système est basé sur la mesure de distances entre des satellites et un récepteur portatif. Ce système permet de suivre en temps réel les changements de localisation du récepteur portatif. Il est alors facilement concevable que si un pigeon transportait un GPS, il serait possible lors de la rentrée du pigeon de connaître son parcours exact depuis son lieu de lâcher. Un autre intérêt du GPS, c'est que non seulement on connaît la localisation géographique mais en plus on a une assez bonne estimation de l'altitude à laquelle se trouve le récepteur.
Cependant nous sommes confrontés lors de la fixation d'un GPS sur un pigeon à deux problèmes :
Le poids de l'appareil. Un oiseau ne peut pas voler raisonnablement avec une charge représentant plus de 5% de son poids. Le poids moyen d'un pigeon étant 500 grammes, l'appareil ne devra pas faire plus de 25 grammes.
L'encombrement de l'appareil devra être compatible avec les contraintes exigées par le vol. Plus particulièrement on devra veiller au bon aérodynamisme de l'appareil.
Si un pigeon était capable de transporter un tel appareillage, les données obtenues pourraient nous permettre de mieux comprendre comment l'oiseau "organise" son retour.
Plus particulièrement on pourrait savoir :
L''influence sur le parcours réalisé lorsque le pigeon est soumis à différents protocoles expérimentaux. Par exemple, le sens olfactif des pigeons est très controversé car certains expérimentateurs n'ont pas réussi à refaire les expériences réalisées par F. Papi, leurs pigeons rentrant au colombier bien que leur sens olfactif ait été modifié. La comparaison entre le parcours des pigeons témoins et celui des pigeons modifiés permettrait peut-être de mieux comprendre le rôle du sens olfactif.
Combien de fois l'oiseau vérifie son cap au cours d'un vol ? Fait-il le point toutes les minutes ou toutes les heures.
Comment l'oiseau réagit-il face au relief ?
Comme on le voit le GPS chez le pigeon voyageur permettrait de répondre à de nombreuses questions concernant l'orientation du pigeon.
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