
Colombophilie, Qu'est - ce que le vol, quelques explications
Analyse de René Bawin
L'oiseau prenant appui sur l'air pour voler, est un principe qui n'est contesté par personne.
Sur la façon dont se réalise le phénomène, s'amorce des divergences. cg[Cela a donné lieu à bien des démonstrations théoriques, assaisonnées de formules compliquées.
L'oiseau prend appui sur l'air pour voler
Photo, taiwanauj.nat.gov.
L'oiseau prenant appui sur l'air pour voler, est un principe qui n'est contesté par personne.
Sur la façon dont se réalise le phénomène, s'amorce des divergences. Cela a donné lieu à bien des démonstrations théoriques, assaisonnées de formules compliquées. De nombreux techniciens se sont penchés sur la question et ont produit une littérature abondante. Ont y trouve d'une part, les partisants de l'aérodynamisme, car l'oiseau est un mobile confronté aux flux d'air, subissant par conséquent ses lois. D'autre part, les supporters de la notion physiologique de l'oiseau, que l'on ne peut pas contester, ce qui implique de sa part une adaptation au travail exigé. De la sincérité des uns et des autres découle la certitude qu'il doit y avoir nécessairement complémentarité entre les notions aérodynamiques et physiologiques. Un point de friction important entre les différents techniciens est celui de la dépense d'énergie nécessaire au vol. Le rôle du vent en ce domaine a toujours été reconnu,mais les explications données n'ont pas supprimé les contradictions. Lorsque Vanderschelden a tenté de démontrer que le vent de face pouvait être un allié, il s'est heurté au scepticisme et à l'incompréhension de beaucoup de monde. Actuellement encore, la majorité des colombophiles se persuadent qu'un vent de face est systématiquement néfaste au bon rendement du pigeon!
Les poussées sur l'intrados et l'extrados
Poussée du vent sur l'intrados et extrados
Ces poussées croissent proportionnellement au carré de la vitesse du flux d'air. Entre un flux d'air d'une vitesse de 3 mètres seconde et un flux d'air de 10 mètres seconde, il n'y a pas un rapport de 3 à 10, mais de 3 au carré à 10 au carré, soit de 9 à 100!
Retrouvons avec René Bawin, les phénomènes du vent. Après la comparaison des plumes de fin d'aile et la voile du bateau, il explique encore la raison du phénomène:
Un même phénomène se produit donc, c'est l'enroulement du flux d'air sur la surface de la voile ou des plumes de fin d'aile. Parler d'enroulement, ne veut pas dire tourbillon, mais écoulement laminaire sur une surface vrillée. Cette nuance est importante dans la mesure où un tourbillon représente de l'air qui s'enroule sur lui même, créant un frein néfaste, et qu'un écoulement laminaire suit la surface rencontrée et devient un élément porteur efficace, quelle que soit la forme de la surface! Pour répondre à l'avance aux questions possibles, il est utile de noter que les expériences sont difficiles à réaliser avec un oiseau en vol. Par contre, le sport de navigation à voile a réussi des expériences convaincantes qui expliquent ce que nous avons besoin de savoir pour comprendre. Nous savons ainsi que la poussée transmise à la surface de la voile est la résultante de toutes les poussées exercées par le vent apparent. Ces poussées croissent proportionnellement au carré de la vitesse du flux d'air. Entre un flux d'air d'une vitesse de 3 mètres seconde et un flux d'air de 10 mètres seconde, il n'y a pas un rapport de 3 à 10, mais de 3 au carré à 10 au carré, soit de 9 à 100! Ce qui revient à dire que les pressions exercées par un flux d'air de 10 mètres seconde, sont 11 fois plus fortes que celles exercées par un flux de 3 mètres seconde!
Dans la comparaison entre une aile de pigeon et une voile de bateau, il faut noter que pour bien prendre sa forme concave, la voile doit former un angle avec le flux d'air d'un minimum de 10 degrès. La poussée qui s'exerce perpendiculairement à la corde de la voile, doit être orientée vers l'avant pour que le bateau se déplace vers l'avant. Lorsque les conditions se révèlent idéales (par expérience en soufflerie,,lorsque l'incidence se situe entre 10 et 22 degrès), le vent apparent s'écoule régulièrement et d'une façon cohérente. C'est l'écoulement laminaire, c'est à dire qu'au voisinage d'une paroi, il en suit les bords!
Nous retrouvons le même principe dans le vol du pigeon avec l'avantage appréciable que la plume du pigeon est plus rigide que la voile. De plus les réflexes de l'oiseau sont systématiquement au service des mouvements utiles pour que les plumes de l'aile prennent l'incidence la plus efficace pour une substentation et une progression dans l'air maximales.
A l'usage des techniciens et nous nous en excusons auprès des profanes, on peut ajouter que dans l'écoulement laminaire, il se produit 2 phénomènes. Sur l'intrados, face à la voile directement attaquée par le vent apparent, les filets d'air sont défléchis et freinés au contact de la voile. Ils reprennent ensuite progressivement leur orientation d'origine. Côté extrados, face opposée, les filets d'air ne sont pas en contact avec le tissu. Ayant une plus longue distance à parcourir, ils sont de ce fait accélérés. Ils rejoignent les filets d'air déviés par l'intrados. Il se produit ainsi une pression sur l'intrados et une succion sur l'extrados!
Aile active ou aile primaire, un sujet qui passionne les colombophiles de Guadeloupe
Aile active
Le point d'application de la force qui correspond à la résistance de l'air sous cette dernière, se situe aux deux tiers de sa longueur, ceci d'après les travaux de MAREY.
Dix, onze et même douze!
L'aile active se compose de dix ou onze rémiges, quelques fois de douze, est une partie de la surface portante! Elle a la particularité de pouvoir modifier à son grès cette surface, réalisant ainsi le phénomène de ''géométrie variable'' d'une façon très naturelle et efficace.
Le point d'application de la force qui correspond à la résistance de l'air sous cette dernière, se situe aux deux tiers de sa longueur, ceci d'après les travaux de MAREY. Nous devons compter sa longueur totale à partir de l'articulation du coude, c'est à dire l'aile complètement étendue. Prenez la peine chers lecteurs, d'examiner vos pigeons à ce sujet et vous constaterez que cela représente le milieu de la partie battante de l'aile active, ce qui correspond à la cinquième rémige! Quand le pigeon mue sa cinquième rémige primaire, un vide se produit à cet endroit de l'aile. L'air, au lieu de s'écouler entièrement sous cette dernière, s'en échappe en partie et le pigeon est non seulement retardé considérablement dans on vol, mais il ne peut suivre les autres concurrents,qu'à condition d'augmenter le nombre de battements d'aile et par conséquent, se fatiguer outre mesure et beaucoup plus tôt que les autres concurrents qui n'ont pas le même handicap que lui!
Si vous voulez protéger votre pigeon, ne l'enlogez pas s'il à cet handicap!
Comment l'air réagit sous le coup d'aile du pigeon?
Il faut en effet que le coup d'aile soit extrêmement rapide pour obtenir une pression suffisante étant donné la fluidité de l'élément d'appui. Il faut que l'aile soit un instrument d'utilisation parfait. La moindre perte, ralentit le vol!
Par la légèreté de son mécanisme très précis, l'aile est un outil de vol qui atteint la perfection. A première vue, on s'imagine que l'air, frappé de haut en bas, doit subir un mouvement dans le même sens. Il n'en est rien! L'air fuit vers l'arrière de l'oiseau comme l'eau fuit vers la poupe d'un navire (VANDERSCHELDEN). Cette échappée de l'air provoque par réaction, l'avancée de l'oiseau. Chaque battement d'aile provoque un écoulement d'air qui est la résultante des mouvements de toutes les plumes motrices ou utilisatrices qui composent l'aile. On pourrait presque dire, que face à l'air, les plumes individuellement se conduisent comme autant de petites ailes et que les forces qu'elles domptent, s'additionnent pour forger une énergie totale très importante! L'interdépendance qui les unit dans un rythme précis et intense, a incité les chercheurs à vouloir imiter la nature. Malheureusement, jadis trop de mystères n'ont pas été élucidés au début des recherches, pour que l'homme trouve une direction dans la découverte d'instruments adaptés à sa taille. Obnubilé par la puissance nécessaire pour quitter le sol, l'homme a négligé les effets aérodynamiques que lui offrait la nature. Pendant ce temps les oiseaux et insectes ont continué à défier la pesanteur avec une insolence qui a fait réfléchir d'autres chercheurs. Actuellement certains hommes comprennent que la pesanteur peut se vaincre autrement que par la vitesse engendrée par un moteur puissant. Le deltaplane, l'ultra léger motorisé sont les premiers exemples de cette maitrise individuelle des effets existants depuis toujours dans la nature.
Ce retour à une modestie, conforme à des aspirations individuelles ouvre une époque où les hommes, écoutant la nature, vont oeuvrer dans un sens bénéfique à tout le monde. La première étape franchie concerne le vol plané et le vol à voile dynamique. A quand le vol ramé avec des ailes à parties vibrantes utilisant tous les principes aérodynamiques chers aux oiseaux et dont l'envergure permettrait de soutenir le poids du pilote. Ce serait enfin le véritable homme oiseau avec toutes les prérogatives qui se rattacheraient à la fonction!
Quel joli rêve, non?
L'arrière aile, une grande question pour les colombophiles de Guadeloupe
Arrière aile
L'arrière aile appelée aussi, aile passive, de passive, elle n'en a que le nom. Ne fait elle pas partie de la surface portante?
Quatorze, touffe comprise
Arrière aile
Arrière aile
Sur le croquis, (en AA), vous pouvez voir l'arrière aile appelée aussi, aile passive. De passive, elle n'en a que le nom. Ne fait elle pas partie de la surface portante?
Nous verrons son rôle plus tard. Notons au passage, que les plumes de l'arrière aile sont au nombre de quatorze, touffe comprise!
Ajoutons quand même qu'elles participent efficacement à l'action aérodynamique du vol, par la présence du bord d'attaque (tranche avant) souhaité épais, puis par une concavité très utile de l'intrados, pour finir par le meilleur bord de fuite, à la fois fin et dont les plumes sont bien alignées, évitant les turbulences néfastes!
La couverture inférieure, une réflexion pour les colombophiles de Guadeloupe
Couverture inférieure
Lors de certaines ventes, beaucoup d'amateurs ouvrent l'aile, ce qui est déjà bien, mais qu'ils n'oublient pas qu'un caractère alaire seul, ne fait pas une aile idéale.
Que peut on en dire?
Manteau inférieur
Manteau inférieur
Beaucoup plus qu'il est possible d'imaginer. Lors de mes triages alaires dans divers pays, j'ai eu la chance d'examiner des dizaines de milliers de pigeons. J'ai aussi remarqué que tous les champions, voir les cracks, possédaient une couverture inférieure de l'aile,de qualité toujours hautement abondante. Cette couverture doit monter le plus haut possible vers les rémiges. Elle doit former un matelas très étanche par l'abondance et la qualité du plumage qui la constitue, partant de la dizième plume et se prolongeant vers le corps. C'est justifié par la notion de l'écoulement de l'air qui ne doit pas pouvoir pénétrer à travers les hampes des plumes et avoir tendance à soulever irrégulièrement une partie du manteau supérieur, créant ainsi un frein inutile.
Les coureurs sur piste et les candidats au record de l'heure utilisent des maillots de soie pour pénétrer dans l'air avec le moins de résistance, donc le frein! Vous comprenez maintenant aisément que le pigeon possédant une bonne couverture d'aile supérieure ainsi qu'une couverture inférieure de qualité, ce que nous appelons vulgairement en terme colombophile ''le coussin d'air'' est avantagé sur son concurrent qui lui, n'est pas pourvu de ce caractère alaire.
Nous devons jamais acheter ou introduire dans notre culture des pigeons ne possédant pas cette qualité au plus haut point. Il est impossible de produire des canaris roses avec des moineaux des champs! J'ai remarqué lors de certaines ventes, que beaucoup d'amateurs ouvrent l'aile, ce qui est déjà bien, mais qu'ils n'oublient pas qu'un caractère alaire seul, ne fait pas une aile idéale.
Attention à ce point lors des accouplements, les deux conjoints doivent posséder cette qualité au plus haut point en plus bien sûr, des autres points alaires et physiques qu'on ne peut négliger!
Les plumes de coude, en relation avec la queue, les colombophiles doivent s'en inspirer en Guadeloupe
Plumes de coude
Seraient elles là par hasard?
Sur la photo présentée, voyez en PT, ces plumes plus courtes que celles de l'arrière aile, sont implantées sur le coude. On en compte 4. Elles sont aussi appelées touffe ou bouquet. On dirait qu'elles sont là par hasard, au grè d'une évolution fantaisiste. Pourtant la nature ne semble pas donner au hasard une priorité indéniable dans les notions physiques qu'elle programme!
Si on place ces quelques plumes inclinées vers le bas entre le corps du pigeon et l'arrière aile, c'est qu'il y avait une raison de meubler ce vide pour une meilleure sustentation. La courbure, très spécifique, de ces plumes du coude, indique un plan nécessaire à l'écoulement de l'air qui doit se produire, en créant un effet de fente de queue! L'on parle peu du caractère queue du pigeon, alors que son rôle fait partie de la sustentation et que son action influe sur la direction à prendre, sur un meilleur envol et un atterrissage correct. Il suffit de regarder un pigeon qui ne possède plus de queue au moment ou il se pose sur la planche, il le fait toujours en catastrophe.
Les plumes de pouce
Plumes de pouce
Penchons nous sur les caractères alaires point par point. La photo jointe est extrémement éducative.......
Solides et résistantes, elles sont très bien implantées
Les plumes de pouce, sont au nombre de 4, elles recouvrent les deux premiers doigts de la main, de même que cette dernière. Une photo suggestive
Solides, résistantes et implantées de façon à couvrir la main
croquis de la plume de pouce
croquis de la plume de pouce
Ces plumes sont très solides, résistantes et implantées de façon à bien couvrir la main (on éprouve une grosse difficulté à les arracher, quand on plume un pigeon). Le rétablissement de l'écoulement laminaire (glissement de l'air à la surface des plumes) perturbé est engendré par les plumes de pouce qui sont sans cesse prêtes à entrer en action. Elles agissent contrôlées par un muscle, comme régulateur de l'écoulement de l'air.
J'ai également remarqué, qu'il existait une corrélation entre les qualités longueur et largeur des plumes du pouce et la qualité des manteaux de couverture inférieur et supérieur. Lorsque les plumes du pouce d'un sujet à un autre diminue de longueur et de largeur, il arrive fréquemment que les plumes des manteaux supérieurs et inférieurs se raccourcissent également. Considérant cela comme un défaut, je suis très vigilant sur ce point de vue quand je prends un pigeon en main. Il me semble également nécessaire de préciser que la chute d'une plume de pouce provoque un effet néfaste et une possibilité de ratage au concours. Je m'appuie sur de nombreuse expériences malheureuses chez moi, mais aussi, chez d'authentiques champions. Je suis resté longtemps à ne pas comprendre la raison de ces échecs. Je me contentais de ne pas enloger le pigeon ayant perdu une de ces plumes, même si c'était le meilleur du colombier, tant que cette plume n'était pas repoussée entièrement! C'est en prenant connaissance du phénomème d'effet de fente, que j'ai réalisé d'où pouvait provenir la cause. Le pouce du pigeon habillé de ses plumes est aussi appelé aile bâtarde. Le sujet qui va laisser tomber la première plume de cette aile bâtarde verra inévitablement cette dernière raccourcie de longueur, ce qui diminuera de façon indéniable son efficacité pendant le vol de retour. Dans ce cas précis, notre aile bâtarde ne pourra transformer favorablement ces éléments néfastes en couche d'air laminaire glissant sur l'extrados de l'aile active, ceci au détriment du rendement en vol rapide. J'ai également observé, que la chute de la première plume de pouce, coïncide avec celle de la sixième rémige primaire!
René Bawin a écrit un ouvrage important, malheureusement, nous ne trouvons plus d'exemplaires de son ouvrage, nous en sommes à divulguer quand nous le pouvons ses travaux.
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